Voici une liste non exhaustive d'ouvrages sérieux traitant du sujet du JDR.
Une liste plus complète (mais mélangeant hélas allègrement JDR ludique et JDR psycho-pédagogique) est disponible sur le site de la FFJdR, et une bibliographie multilingue d'études consacrées au JDR figure ici.
Tentative d'explication du JDR à l'intention du grand public, publiée en 1981 (à ma connaissance, ce fut la toute première) et signée John Eric Holmes (professeur de neurologie et directeur de publication de la deuxième édition de D&D). L'ouvrage, relativement clair et pertinent, contient même un mini-dungeon accompagné d'un système de règles fortement inspiré de D&D.
Des ouvrages plus récents ont mieux expliqué et plus développé le sujet, mais ce précurseur reste étonnamment lisible plusieurs décennies après sa parution.
Cet ouvrage de 1982, écrit par Ian Livingstone (qui fut le tout premier rédacteur en chef de la revue White Dwarf), se situe sur le même créneau que Fantasy Role-Playing Games (mais avec une optique plus britannique qu'américaine), mais il est un peu moins bon.
Explication des principes du JDR et surtout des différents aspects des règles de Dungeons & Dragons, destinée à faciliter leur prise en main par des néophytes.
Une sorte de D&D pour les nuls avant la lettre, puisque l'ouvrage date de 1982.
Recueil de conseils pour les joueurs et les MJ de JDR med-fan', clairement orienté pour l'exploration et le pillage de dungeons (certains passages sur les pièges sont affreusement datés), mais contenant également des choses intéressantes, sur la personnalité des PJ ou la psychologie des monstres par exemple. L'ouvrage ne fait pas référence à un quelconque système de jeu, et les conseils aux joueurs, dont beaucoup sont pleins de bon sens, concernent principalement le comportement et les actions des personnages.
Ce livre de Robert Plamondon, paru en 1982, a été réédité en 2008.
Donjons & Dragons
Le jeu de rôle et de stratégie de la nouvelle génération
Ouvrage de Mathilde Maraninchi publié chez Solar en 1982, il fut la première "traduction" de D&D disponible en français. Toutefois, plus qu'une traduction, il s'agissait d'une explication de ce qu'est le JDR, s'appuyant très fortement sur les règles du Basic Set (avec également quelques emprunts à AD&D), que TSR fit rapidement interdire car elle allait un peu trop loin dans l'exemple et l'illustration par rapport à ce que permet la règlementation sur le copyright (sans oublier l'emploi de la marque déposée D&D).
Enquête sociologique sur le JDR, réalisée entre 1977 et 1979 par le sociologue américain Gary Alan Fine, qui n'avait jamais pratiqué le JDR auparavant mais est devenu joueur pour les besoins de son étude. Le livre quant à lui fut publié en 1983 par l'Université de Chicago.
Malgré son grand âge (elle remonte presque aux premières années du JDR), l'enquête reste en grande partie d'actualité et constitue une lecture passionnante.
Ouvrage d'initiation au JDR en général, mais surtout au Basic RolePlaying System, écrit par Bob Albrecht et Greg Stafford et paru en 1984. Très clairement destiné à un jeune public néophyte, il ne présente plus désormais qu'un intérêt de curiosité.
Jeux de rôle
Tout savoir sur les jeux de rôle et les livres dont vous êtes le héros
Premier ouvrage francophone consacré au JDR (Duccio Vitale devait lui consacrer un volume de sa trilogie Jeux de simulation, mais seul le premier tome, consacré aux wargames, est paru (en 1984)), ce livre écrit par Gildas Sagot fut publié par Gallimard en 1986.
Ne traitant que des JDR francophones (peu nombreux à l'époque), et abordant également les livres-jeux et les jeux vidéo, ce texte précurseur était hélas constellé d'erreurs et ne présentait déjà à l'époque que peu d'intérêt.
De nos jours, il n'apporte plus rien, et on trouve sur le sujet des ouvrages infiniment supérieurs.
Cet ouvrage signé Rick Swan, paru en 1990 chez St. Martin's Press, se veut un guide à destination du consommateur anglophone.
Après un court premier chapitre constitué de conseils principalement destinés aux MJ et finalement assez classiques, l'essentiel de l'ouvrage est constitué par un panorama (sans aucune prétention d'exhaustivité) de plus de 150 JDR de langue anglaise, chacun ayant droit à un commentaire et à une note (allant de 1 à 4), certes ouvertement subjectifs mais fort intéressants (même si je ne suis pas toujours du même avis).
Bien entendu, le panel de JDR disponibles a beaucoup changé depuis la parution de ce livre, et il ne peut désormais intéresser que les nostalgiques de l'époque et les historiens du JDR. Mais pour ces derniers, il constitue une référence passionnante.
Ce recueil, réalisé par Lawrence Schick et paru en 1991 chez Prometheus Books, est un impressionnant panorama de l'histoire du JDR anglophone, des origines à 1990.
Outre un historique bref, mais particulièrement clair, l'ouvrage contient un recensement exhaustif (ou presque : j'y ai décelé quelques absences) des produits de JDR anglophones publiés jusqu'en 1990, avec leur description.
Un livre indispensable au collectionneur de vieux JDR en anglais.
Cet ouvrage en anglais (publié par Prima Publishing en 1996 et réédité par Obsidian Studios en 1999), écrit par Sean Patrick Fannon, se prétend accessible aux non-joueurs ; mais ce n'est certainement pas le cas, pour plusieurs raisons : son volume (258 pages pour la deuxième édition, ça commence à rebuter les bonnes volontés), son prix (24,65 $ pour la deuxième édition, faut vraiment avoir envie de se documenter !) et la présence récurrente d'un certain humour (?) de l'auteur (qui est plutôt du genre lourd et contribue de façon non négligeable à l'hermétisme du texte pour les profanes).
Ceci mis à part, on trouve dans ce livre une présentation de ce qu'est le jeu de rôle, des conseils pratiques, une chronologie du jeu (de ses origines à la publication dudit manuel), et la présentation rapide de vingt jeux contemporains (américains, est il besoin de le préciser, et dont le choix est, comme souvent, discutable).
Au final, c'est un ouvrage de synthèse plutôt pas mal pour le joueur désirant approfondir ses connaissances sur le jeu de rôle, si l'on fait abstraction du style parfois pénible de l'auteur, de son humour pas franchement amusant, de son insistance à conseiller l'utilisation des figurines... et (avis personnel) de l'absence d'une section présentant quelques-uns des jeux ayant marqué l'histoire de ce loisir (ne citer de Traveller (par exemple) que le moment de sa parution, ça laisse comme une lacune béante, quelque part...).
Ouvrage francophone se voulant de référence, écrit par Didier Guiserix et publié aux éditions Bornemann en 1997 (dans la collection L'univers du jeu), il présente le JDR et en analyse quelques aspects. Au final, c'est un ouvrage très aéré et écrit gros, qui ne présente que peu d'intérêt pour les joueurs, et paraîtra probablement touffu aux non-joueurs.
Sa partie la plus intéressante est la brève présentation (en annexe) de plus de 200 jeux de rôle... Présentation hélas truffée de nombreuses erreurs.
Peut à la limite servir pour clarifier les idées avant d'expliquer ce qu'est le JDR à un non-initié.
... Istres, Toulon, Carpentras ...
Jeu de rôle
Crimes ? - Suicides ? - Sectes ?
Ouvrage (publié aux Presses du Midi en 1997) écrit par un officier de gendarmerie, Jean-Hugues Matelly, pour démythifier le JDR suite à la campagne de dénigrement dont il fut victime en France dans la deuxième moitié des années '90, il explique ce qu'est le JDR et étudie les risques éventuels que pourrait comporter sa pratique. La conclusion de l'étude est que le danger du JDR est à peu près inexistant pour un individu normal (c'est-à-dire sans troubles psychologiques préexistants).
L'épuisement, puis l'oubli de la campagne de diabolisation par les médias (orchestrée par mireille dumasque et ses semblables), donnent désormais à ce livre un côté quelque peu vieillot.
Recueil de cotes destiné aux collectionneurs, qui en dépit de son titre, n'a absolument rien d'officiel.
Paru en 1998, il serait de toutes façons complètement obsolète ; mais son intérêt (somme toute assez limité) est de proposer une liste assez complète de tout ou presque ce qui a été publié auparavant sur le marché anglo-saxon.
Dans cet ouvrage de 2001 paru chez McFarland & Company, l'auteur, Daniel Mackay, développe sa thèse selon laquelle le JDR est un art. Sa définition de l'art étant très personnelle et sans grand rapport avec les définitions habituelles du terme, cela lui permet d'arriver sans beaucoup de contradictions à sa conclusion, au fil d'un livre touffu, bordélique même. Et bien qu'il contienne quelques considérations intéressantes, il ne mérite pas de figurer dans toute bibliothèque sur les JDR digne de ce nom.
Jeux de rôles, jeux vidéo, multimédia
Les faiseurs de mondes
Cet ouvrage de sociologie (publié en 2001 aux Presses Universitaires de France, dans la collection Sociologie d'aujourd'hui) ne se limite pas à l'étude des pratiquants du JDR, mais élargit son domaine aux joueurs de jeux vidéo. Son auteur, Laurent Trémel, présente la particularité d'être à la fois sociologue et auteur de JDR, puisqu'il fut l'un des créateurs de la gamme Universom.
Sur le sujet des pratiquants de JDR, l'étude semble assez légère et peu significative.
Second Person
Role-Playing and Story in Games and Playable Media
Recueil d'articles sur la façon dont le JDR, mais aussi d'autres activités ludiques voire paraludiques, permettent de jouer un rôle et/ou de raconter une histoire, écrits par diverses personnalités du milieu du Jeu (du JDR, mais aussi entre autres du jeu sur ordinateur), publié en 2007 par le Massachusetts Institute of Technology. Seule la première des trois parties traite du JDR.
Pour le bibliophile amateur de JDR, seuls les quelques articles évoquant divers aspects de l'Histoire du JDR présentent un intérêt : l'ouvrage dans son ensemble est très loin d'être passionnant.
À signaler qu'on trouve en annexes les règles de trois jeux : Puppetland, Bestial Acts, et The Extraordinary Adventures of Baron Munchausen (qui n'est pas un JDR).
Ouvrage lui aussi écrit par un sociologue, Olivier Caïra, publié en 2007 chez CNRS Éditions, il s'agit d'une présentation claire de ce qu'est le JDR, doublée d'une intéressante analyse de ses principes et mécanismes.
The Ultimate Unofficial Collector's Guide to D&D Volume One
Original D&D and Basic D&D
The Ultimate Unofficial Collector's Guide to D&D est une série de livrets destinés aux collectionneurs d'(A)D&D, publiés chez Gamers Rule et tentant de dresser un panorama exhaustif (mais très laconique et n'apportant finalement que peu d'informations sur le contenu et l'intérêt des produits recensés) de ce qui est sorti pour ces jeux.
Ce premier fascicule sorti en 2010 concerne Chainmail et D&D sensu stricto.
The Ultimate Unofficial Collector's Guide to D&D Volume Two
Mystara and Greyhawk
Deuxième livret de la série des Ultimate Unofficial Collector's Guide to D&D, publié en 2010, il concerne les univers de Mystara et Greyhawk.
The Ultimate Unofficial Collector's Guide to D&D Volume Three
Advanced D&D 1st Edition
Troisième volume paru (en 2010) dans la série des Ultimate Unofficial Collector's Guide to D&D, il traite de la première édition d'AD&D.
Autre ouvrage destiné aux collectionneurs de D&D, ce recueil italien (en anglais) paru en 2010 chez Wild Boar Edizioni se présente un peu pompeusement comme étant LA référence exhaustive en matière de recensement de ce qui est paru pour ce JDR, y compris les produits dérivés.
Comme les volumes de la série des Ultimate Unofficial Collector's Guide to D&D, il reste cependant assez laconique sur le contenu et l'intérêt des divers ouvrages recensés.
The Functions of Role-Playing Games
How Participants Create Community, Solve Problems and Explore Identity
Ouvrage de sociologie (paru en 2010) sur les intérêts du JDR, qui sont selon l'auteure, Sarah Lynne Bowman, au nombre de trois : créer une communauté, aider à la résolution de certaines situations dans la vie réelle grâce à l'expérience acquise en jouant un rôle, incarner un rôle différent de ce qu'on est dans la vie réelle.
Une lecture à réserver aux sociologues et aux psychologues.
Pour Michael J. Tresca, l'auteur de ce livre paru en 2010, Fantasy Role-Playing Games ne désigne pas seulement le JDR, mais englobe également un certain nombre d'activités plus ou moins apparentées : grandeur nature, jeux sur ordinateur, et jusqu'à des choses nettement plus éloignées. Partant de ça, il semble penser que le JDR n'est qu'une étape, désormais dépassée, dans l'évolution de ce loisir. Il n'a peut-être pas complètement tort ; mais le fait d'avoir exclusivement basé son argumentation sur les diverses versions d'(A)D&D (jusqu'au bien mal nommé D&D4) pour ce qui est du JDR, associé à une visible méconnaissance du sujet, laissent au lecteur la désagréable impression d'un ouvrage très nettement biaisé, pas sérieux, peu crédible, prétentieux, et finalement sans intérêt.
Ouvrage de sociologie et de linguistique (paru en 2010) sur la façon de raconter et de s'exprimer en JDR, la manière dont l'histoire se crée, et les rapports que les joueurs ont avec les sources (ouvrages de JDR ou sources d'inspiration). Malheureusement, non seulement c'est assez léger et confus, mais l'auteure, Jennifer Grouling Cover, limite son étude à (A)D&D (et surtout au D20 System) et manque manifestement de connaissances sur ce qui se fait d'autre en JDR. En outre, ce n'est pas exempt d'erreurs parfois gênantes.
Designers & Dragons
A History of the Roleplaying Game Industry
Imposant ouvrage, écrit par Shannon Appelcline et publié en 2011 par Mongoose Publishing, dressant un panorama historique (vaste mais non exhaustif) des éditeurs anglo-saxons de JDR depuis les origines. Bourré d'informations et d'anecdotes (même s'il contient aussi quelques erreurs mineures, probablement inévitables dans une étude de cette taille, et quelques omissions regrettables), il se doit de figurer en bonne place dans la bibliothèque de l'amateur d'Histoire du JDR.
Lien
Mémoire écrit par Jean-Jacques Bourdin, qui fut plus connu au sein du milieu du JDR francophone dans la deuxième moitié des années '80 sous le pseudonyme de Finn.